Dans quels cas, y a-t-il lieu de s’adresser à un psychologue, un psychothérapeute, ou un psychanalyste ?

Qu’il y ait aujourd’hui un envahissement des psys dans beaucoup de domaines publiques (revues, magazines, émissions TV, etc), cela n’empêche pas que s’adresser à l’un d’entre eux reste encore une démarche qui est loin d’être évidente et naturelle, même si à contrario elle peut être vitale par moment.

Pour faire simple, les cas où on recommande de vous adresser à un psychologue, un psychothérapeute, ou un psychanalyste, sont souvent ceux où vous êtes en souffrance (psychique), et où le corps médical apparaît impuissant à traiter ce mal-être parce qu’elle n’est pas de son ressort.

Mais d’être mal d’exister ou en souffrance, qu’est-ce à dire ?

Ce sera justement un des objets des premiers entretiens, voir une des visées du traitement psychothérapique que de vous aider à saisir ce qui vous conduit à vous vivre ou vous penser comme tel.

A titre indicatif, quelques repères nommant cette souffrance  :

  • Vous êtes confrontés à des pulsions envahissantes et difficiles à gérer.
  • Vous éprouvez des difficultés dans vos relations aux autres : timidité, manque d’assurance/confiance, conflits, mensonges pathologiques, harcèlement, tête de turc, fausse identité avec un sentiment de vide intérieur ou d’inconsistance, répétitions d’échec, relations virtuelles plus importantes que les réelles, etc.
  • Vous occupez toujours une même place (effacé, soumis, dominé, taiseux, etc) dans vos relations amicales, amoureuses, et/ou professionnelles, etc.
  • Vous vous sentez perdus dans vos choix ou vous ne vous y retrouvez pas ou plus.
  • Vous êtes envahis de questions sur vous, votre vie, vos choix, et/ou autres.
  • Vous vivez toujours les mêmes scénarios (échecs, abandons, endettement, ruptures sentimentales) que vous répétez inlassablement, sciemment ou non.
  • Vous vous sentez entravés ou inhibés par des symptômes, complètement ou par certains égards.
  • Vous vous sentez envahis par certaines pensées obsédantes ou par certains comportements.
  • Vous ressentez de la peur pour tout ou rien ou pour des choses spécifiques (phobies); peur qui est invalidante.
  • Vous êtes sujet(te)s à des attaques de panique et/ou à de l’angoisse, en permanence ou de façon ponctuelle.
  • Vous êtes sujet(te)s à développer des troubles alimentaires (boulimie, anorexie, mixte, vomissements incontrôlés, etc).
  • Vous êtes dépendant(e)s d’un toxique : alcool, drogue, psychotrope et/ou autre (smartphone).
  • Vous avez des idées noires et/ou suicidaires.
  • Vous avez vécu un drame, une rupture ou un deuil que vous ne parvenez pas à surmonter seul(e), ou avec votre entourage et cela, malgré le temps nécessaire à traverser.
  • Vous soupçonnez l’existence d’un inconscient qui s’immisce dans votre vie, vos choix, vos actes et/ou vos pensées, et vous souhaitez vous saisir de ce qui se passe.
  • Tout vous énerve.
  • Vous vous sentez complètement dépassés ou épuisés par ce que vous vivez dans votre environnement professionnel et/ou privé, Etc.

Sans être exhaustive, cette liste regroupe quelques motifs de ce qui pousse à établir un premier contact avec un psy, qu’il soit psychiatre, psychologue ou encore, psychothérapeute quand ce n’est pas un médecin généraliste, un proche ou autre qui recommande de faire la démarche. 

Marion Beaupère

Aujourd’hui décédée, pédiatre et psychanalyste française qui se fit connaître aussi pour ses émissions réalisées dans les années septante, Françoise Dolto rapporte ce fragment de dialogue avec un enfant venu en consultation et accompagné par sa mère (« Lettres de l’École freudienne », 1967) :

 

 

  • « – Où as-tu mal? Pas de réponse.
  • – As-tu mal à ta tête? à tes épaules? à ton dos? Un moment de silence.
  • – Ah non, madame moi j’ai pas mal à des choses…!
  • – Alors à quoi as-tu mal »?
  • – Ah oui, j’ai mal à mon père…! »

En 1974, dans une émission qui s’appelle “Télévision”, Lacan apporte une réponse à la question soulevée ici : “La guérison, c’est une demande qui part de la voix du souffrant, d’un qui souffre de son corps ou de sa pensée. L’étonnant est qu’il y ait réponse, et que de tout temps la médecine ait fait mouche* par des mots.”

*[faire mouche : toucher la cible, toucher juste.]

Laurent Duvivier, le 02 avril 2011 (dernières actualisations, le 9 juillet 2015)